Après un très remarqué premier album, les
Scissor Sisters ont réussi le coup parfait avec
Ta-Dah. Le simple
« I Don't Feel Like Dancin' » commence par se classer N°1 en Angleterre, l'album l'imite dès la semaine de sa sortie.
Scissor Sisters c'est la simplicité dans le talent. Ils affichent clairement leurs références et leurs sources d'inspiration. Leur force vient de la capacité à faire sonner des emprunts comme du matériel neuf. Un zeste d'Elton John, une pincée de Sweet, deux rondelles de Bee Gees, une cerise de
Roxy Music, le sourire d'ABBA et la prise est bonne. Les titres sont immédiats, les vidéos drolatiques,
« She's My Man » ou
« Land of a Thousand Words » font passer des messages en nous divertissant.
Là où les Scissors Sisters pourraient être horripilants, ils gardent suffisamment de distanciation pour être sympathiques. Non contents d'avoir joué en public avec
Elton John, ils arrivent à lui faire retrouver des accents de
« Don't Go Breaking My Heart » oubliés depuis longtemps. L'autre invité sur l'album n'est autre que l'immense
Carlos Alomar, inspiré comme à l'époque bénie de
Young Americans ou de
Station to Station chez
David Bowie.
Tout chez Scissors Sisters est calibré avec intelligence, leur apparence superficielle est trompeuse. Les New-Yorkais ont les moyens de devenir soit un groupe culte, soit des superstars mondiales, dans les deux cas cela promet encore beaucoup de bons albums.
François Alvarez