par Frédéric Régent
A chaque fois, la critique répondra présent, mais pas le public, non sans raison, d’ailleurs. Fidèle à ses principes, il n’accorde que très peu d’interviews et limite au maximum ses apparitions en public ; s’il accepte en 2000 de parrainer à Londres le festival du Meltdown, il fait bien stipuler dans son contrat qu’il ne se produira pas sur scène. Récemment, un documentaire réalisé pour le cinéma, Thirty Century Man (du nom d’une de ses chansons sur Scott 3), a permis à une plus large audience de se familiariser avec son œuvre et sa personne.
Sans cesse redécouvert puis adulé par l’élite de la brit pop et de la pop tout court (David Bowie, Pulp (dont il produit l’album We Love Life en 2001, The Divine Comedy, etc.), Scott Walker n’a peut-être pas tenu toutes les promesses que son immense talent laissait espérer, son caractère instable lui ayant joué plus d’un mauvais tour. Mais peut-être était-ce le prix à payer pour celui dont Julian Cope, un autre de ses émules, avait qualifié dans un élan lyrique de « godlike genius ». Mais là, génie ou pas, Dieu n’est qu’un homme…
Frédéric Régent