par Nikita Malliarakis
Ce sera l’établissement parisien Don Camilo, dont Lama devient l’artiste attitré, y donnant une série de concerts durant près d’un an.
En 1971, il représente la France au Concours Eurovision de la Chanson, avec le titre « Un jardin sur la Terre », dont la musique est signée Alice Dona. Dans la première moitié des années 1970, Serge Lama accumule les chansons à succès (« Ma Muse », « Le Misogyne », « Superman ») : en 1973, il triomphe d’abord à l’Olympia avec le concert Musicorama (d’abord enregistré et diffusé sur Europe 1 puis, devant le succès, rejoué dix jours de suite sur la prestigieuse scène), puis avec l’album Je Suis Malade, dont se détachent notamment la chanson-titre (écrite initialement pour Dalida), et le paillard « Les P’tites femmes de Pigalle », qui lui vaut le premier Oscar de la chanson française.
Alternant chansons à la tonalité humoristique et pathos à la Brel, Serge Lama est au sommet de son succès : après s’être à nouveau produit à l’Olympia en 1974 à l’occasion des vingt ans de la salle, il inaugure en 1975 la nouvelle scène du Palais des Congrès, qu’il foule une seconde fois en 1977. Les albums se succèdent, toujours élaborés par Serge Lama avec la collaboration de sa complice Alice Dona : Chez Moi (l'une des fortes ventes françaises de 33 tours), L’Enfant au Piano, Enfadolescence. En 1979, Lama clôt en beauté la décennie en se produisant pour soixante-dix représentations au Palais des Congrès, attirant trois cent mille spectateurs et se garantissant une place dans le Livre des Records. Il bat lui-même ce record deux ans plus tard, en attirant dans cette même salle trois cent trente mille spectateurs en trois mois.
Vive l’ampleur
Serge Lama attaque la décennie 1980 avec plusieurs projets d’envergure : en 1981, il réalise un projet très cher à son cœur avec l’album Lama Père et Fils, où il chante en duo avec son père Georges Chauvier, lui donnant également l’occasion de remonter sur scène avec lui pour une trentaine de galas.
Peu après avoir « vengé » son père, Serge Lama s’attaque à du très gros avec la comédie musicale Napoléon (livret co-écrit avec Jacques Rosny ; musiques d’Yves Gilbert), qu’il crée au théâtre Marigny. Serge Lama interprète l’Empereur dans cette comédie musicale à grand spectacle, qui tourne durant plus de trois ans (joué tous les jours et deux fois le dimanche) : les mauvaises langues persiflent et laissent entendre qu’inspiré par la ressemblance de sa coupe de cheveux avec celle du général Bonaparte (il a en effet été longtemps taquiné sur ce sujet), Serge Lama en est arrivé à se prendre vraiment pour Napoléon ; qu’importe, le public est au rendez-vous et fait un excellent accueil au spectacle, jusqu’à ce que Lama décide lui-même de mettre un terme à l’aventure, en plein succès.
Alors que le spectacle approche de sa fin, le chanteur a en effet la douleur d’apprendre le décès de ses parents, morts dans un accident de la route : au moins a-t-il le plaisir de voir son père enterré comme un artiste et non comme un représentant de commerce. Dans son album suivant, Portraits de Femmes (1986), Serge Lama rend hommage à son père et à sa mère, dans les chansons « Je vous salue Marie » et « Maman Chauvier ». A l’automne 1987, il chante au Casino de Paris, signant son retour aux récitals après six ans d’interruption dus notamment au succès de Napoléon.
En 1990, il réalise un vieux rêve en jouant une pièce de théâtre, La Facture : il renouvelle plusieurs fois l’expérience, se frottant même à Sacha Guitry (Tôa). Il faut dire que dans le même temps, le succès discographique de Serge Lama pâlit un peu, l’album Amald'âme ne bouleversant pas le monde : si Serge Lama bénéficie d’un public nombreux et fidèle, il ne séduit pas les jeunes générations, qui tendent trop vite à le ranger dans la catégorie des vieilles barbes.
Le chanteur n’est cependant pas homme à rester sur un échec et se relance par la scène, reprenant le chemin des planches en 1995-96. En 1997, il crée au Québec un spectacle où il reprend un certain nombre de ses anciens succès, accompagné par un orchestre symphonique : l’année suivante, c’est au tour du public français d’apprécier Lama en version symphonique, durant deux semaines à l’Olympia.
Les dates ... 2003 (04 Novembre) Sortie de Pluri-elles 1997 Tournée québécoise 1992 (Avril) Sortie d'Amald'âme 1986 (Février) Sortie de Portraits de Femmes 1982 Succès de la comédie musicale Napoléon |