par Nikita Malliarakis
Il tâte également du cinéma, en composant la bande originale du film Mon idole, réalisé par Guillaume Canet.
Libre comme le rock
Mais après un la parution en 2004 de Comme je suis, 1994-2002, un best-of agrémenté de titres inédits, les choses se gâtent à nouveau pour Sinclair, qui ne supporte plus le contexte de son travail avec les grandes maisons de disques : il finit par récupérer tous les droits de ses albums et gère sa discographie via son propre label, Mini Strong, afin d'assurer lui-même la distribution desdits albums et de garantir leur présence dans les bacs à disques. Le chanteur commente à propos de son choix de l'indépendance : « À partir du moment où tu travailles dans l'industrie du disque avec des gens qui sabotent ton travail, tu commences à avoir les glandes. J'ai travaillé comme un chien et on me prenait 80 % de tout ce que je gagnais. (...) Aujourd'hui, les gens disent que c'est courageux de devenir indépendant. Ce n'est pas du courage, putain ! C'est juste défendre ce que l'on est et pas un chiffre d'affaires ». Il déclare également avoir été particulièrement frustré par les limitations imposées par ses labels au nombre de chansons présentes sur ses disques, aboutissant à des albums « pas spécialement digestes ».
Après un nouveau détour par le cinéma (pour les besoins de la bande originale du film Ma vie en l'air), le chanteur reprend le chemin de la scène et des compositions purement discographiques. Au printemps 2005, il passe à nouveau à l'Olympia dans le cadre d'un marathon de plus de 80 concerts ; la même année sortent des rééditions de la plupart de ses albums. Décidé à emprunter d'autres chemins artistiques, Sinclair choisit un son plus sec et davantage orienté rock 'n' roll, sensible dans l'album Morphologique, sorti à l'automne 2006 ; il se dit désormais intéressé par davantage d'expérimentations musicales : « Mon rêve est de raconter une grande histoire d'une heure et d'en faire une chanson ». Désormais producteur, il s'intéresse beaucoup aux nouveaux modes de distribution musicale, notamment par le biais d'internet, se disant persuadé que le téléchargement ne remplacera pas l'objet disque auprès des amoureux de la musique.
En 2008, Sinclair est juré de l'émission de télé-crochet Nouvelle Star, diffusée sur M6, aux côtés de Lio, du pianiste-arrangeur André Manoukian, et du rock-critic Philippe Manoeuvre. Mûri et posé, l'ex-Petit Prince du funk français apporte sa légitimité musicale et se montre un participant posé et presque froid, avec une touche d'indécision ajoutant au suspense des castings. Celui qui aurait pu n'être qu'un feu follet du paysage musical des années 1990 a su durer grâce à une personnalité posée et construite, à la hauteur de son talent musical. Début 2010 sort sa troisième bande originale de film, Le Siffleur.
Au printemps 2011, Sinclair effectue son retour au disque et à la scène par le biais d'un album homonyme. Lancé par le hit « Ça tourne dans ma tête », l'album produit par Volodia sort sur la nouvelle major de l'artiste, Warner, après cinq années d'indépendance et un procès remporté contre son ancien label EMI. Sinclair signe le nouveau départ du chanteur funky « made in France », prolongé par une tournée de cette authentique bête de scène.
Nikita Malliarakis
Les dates ... 2011 (30 Mai) Sortie de l'album Sinclair 2010 (11 Janvier) Sortie de la B.O. du film Le Siffleur |