par Benjamin D'Alguerre

Monstre sacré du jazz, Sonny Rollins, celui-là même qui a remplacé fort avantageusement l’accoutumance à l’héroïne par la surconsommation de saxophone au point de s’en déformer le visage, est l’homme de toutes les ères du jazz. Né en 1930 et contemporain de Miles DavisThelonious MonkClifford Brown ou Dizzy GillespieSonny Rollins, l’homme qui choisit de ne sauver que son saxophone lorsqu’il lui lui faut évacuer son appartement new-yorkais le 11 septembre 2001, est l’un des géants du be-bop.

New-Yorkais jusqu’au plus profond des tripes, Theodore Walter Rollins voit le jour le 7 septembre 1930. Connaissant la pauvreté d’une famille de la classe moyenne noire, sa scolarité est au mieux médiocre et ses premières fréquentations sont loin de plaire à ses parents. Heureusement pour lui, un vif et précoce attrait pour le piano et surtout le saxophone (il se voit offrir son premier instrument à l’âge de treize ans) lui permet d’éviter de sombrer irrémédiablement dans la délinquance, même si ce talentueux voyou conserve pendant quelques années encore une certaine prédisposition pour les plans foireux et les mauvais coups.

S’il n’use pas très longtemps ses fonds de culotte sur les bancs de l’école, son passage au sein de l’institution scolaire lui permet de faire la connaissance de quelques futurs grands du jazz, avec lesquels il se lie d’amitié et commence à jouer : Kenny Drew et Jackie McLean sont ainsi ses condisciples de classe en plus de ses partenaires de scène. Faisant le tour des clubs de jazz, le trio se produit aux côtés de quelques artistes prestigieux comme Babs Gonzales, Bud Johnson ou J.

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God bless the child
Sonny Rollins

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