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Biographie de Sonny Rollins

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Il est régulièrement appelé par d’autres combos pour les faire profiter de ses capacités de jeu spontané. Excellent improvisateur, mais capable, en outre, de tenir sur de très longues périodes, il enregistre, en 1958, l’album The Freedom Suite, sur lequel il tient un solo près d’une vingtaine de minutes, se référant très peu à la partition et modifiant les notes dès qu’il « sent » que celles-ci sont perfectibles. Les autres musiciens ont certes du mal à suivre, mais ce très long solo reste, à ce jour, dans les annales des performances des jazzmen, toutes époques confondues.

Les breaks du colosse

Très exigeant avec lui-même, Sonny Rollins connaît cependant la période que traversent tous les perfectionnistes. Estimant qu’il a fait le tour du répertoire et qu’il n’arrive plus guère à évoluer, il choisit de se retirer de la scène le temps de retrouver un souffle et une inspiration. Celle-ci ne tarde pas et, en 1962, il revient avec The Bridge, changeant de maison de disques au passage. Le succès est immédiat : jamais un disque de Sonny Rollins ne se vendra mieux que cet album marquant le grand retour sur les planches d’un jazzman talentueux, mais que le grand public croyait rangé des voitures. Fausse impression, car en bon stakhanoviste qu’il est, il se sent obligé de rattraper le temps perdu et ce ne sont pas moins de six albums qu’il enregistre pour la seule année 1962, rameutant parfois les anciens camarades, comme Billy Higgins ou Ornette Coleman à la rescousse pour quelques participations de prestige.

Louvoyant entre les labels Bluebird et RCA, Sonny Rollins s’avère un véritable boulimique de la composition et de l’enregistrement tout au cours des années 1960, comme s’il lui fallait compenser ses trois années de « blanc » dans sa carrière. Par ailleurs, l’artiste entame plusieurs tournées aux Etats-Unis et en Europe et se produit dans la plupart des festivals spécialisés comme celui d’Aix-en-Provence en France, dont est tiré un live.

Mais tant d’activité lui pèse est, dès la fin de la décennie, Sonny Rollins décide de faire un second break dans sa carrière, persuadé, encore une fois, qu’il n’a plus rien à proposer au monde de la musique. Durant ces quelques années de silence radio, Sonny Rollins voyage et surtout, commence à s’intéresser aux cultures exotiques et orientales, particulièrement hindoues, soufies et bouddhistes. Initié au yoga, le saxophoniste trouve dans les pratiques de relaxation venues d’Extrême-Orient la sérénité nécessaire à une reprise de ses activités musicales. Toutefois, sa nouvelle inspiration se rapproche davantage du rhythm’n’blues et de la pop que du jazz proprement dit, d’autant que l’époque s’y prête.

Le sommeil d’un monstre sacré

Tâtant occasionnellement du disco, de la pop, du funk, voire du rock, le musicien traverse les années 1970 avec candeur et nonchalance, enregistrant peu d’albums (quasiment aucune production personnelle entre 1966 et 1978) ou participant à divers combos tout en accompagnant également beaucoup d’artistes évoluant dans des registres très éloignés du jazz, comme les Rolling Stones, qu’il accompagne au saxophone sur l’album Tattoo You.

Musicien de studio plus que créateur, Sonny Rollins attend paisiblement que la fibre lui revienne en 1978 pour apparaître au premier plan sur l’album Don’t Stop the Carnival, opus live où il est accompagné de Billy CobhamDonald Byrd ainsi que d’un orchestre présentant l’originalité de comprendre un certain nombre d’instruments électriques. Mais le stakhanoviste est fatigué, d’autant que l’âge le rattrape. Désormais vieilli et usé, Sonny Rollins est rattrapé par ses années de consommation excessive de stupéfiants et son énergie s’en ressent.

Son Solo Album en 1985 ne marque pas son grand retour, mais signale que l’artiste est toujours présent, bien vivant. S’il enchaîne quelques albums au cours de la seconde moitié de la décennie 1980, son rythme de travail est bien amoindri, ce qui n’ôte par ailleurs rien à la qualité de son œuvre. Sonny Rollins entame ainsi sa semi-retraite, n’en sortant qu’à l’occasion d’un boeuf avec quelques jazzmen de sa génération, ou à la demande de groupes de petits jeunes venus demander une participation à ce doyen respecté.

Comme beaucoup d’Américains, sa vie est bouleversée le 11 septembre 2001 ; et sans doute plus encore, puisqu’il habite dans un appartement du World Trade Center, qu’il parvient à évacuer à temps. Pressé par le temps, il n’emporte avec lui que son saxophone.

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Les dates ...

2006
Sortie de Sonny, Please
1986
Sortie de G-Man

Vidéo

Sonny Rollins - clip vidéo A Night In Tunisia (Evening Take)

A Night In Tunisia ( ...
Sonny Rollins