Originaire du Massachussets, chanteuse, mais également pianiste, guitariste, et photographe,
Sonya Kitchell n’avance pas masquée dans son admiration pour l’oeuvre de
Joni Mitchell. Elle a collaboré au Carnegie Hall à l’hommage à la chanteuse en compagnie de
Suzanne Vega et
Tracy Chapman, et a bénéficié d’une bourse attribuée au bénéfice des jeunes compositeurs de musique de jazz. Et elle a décidé très jeune (à peine adolescente à la sortie de son premier disque) de tracer sa voie sur la ligne étroite courant entre jazz, chanson, et folk, définie par la créatrice d’
Hejira et Mingus.
Mais son deuxième album ne peut naturellement pas se résumer à un enregistrement sous influence. Même si sa passion pour les options jazz de son idole ne laisse pas d’ébahir lorsqu’on constate que la jeune artiste n’est aujourd’hui âgée que de dix-neuf ans (mais le temps file vite, en tout état de cause).
Celle a qui on a donc offert – comme un cadeau de Noël prolongé – d’assurer une tournée en compagnie du légendaire pianiste
Herbie Hancock, puis de confier ses chansons pleines de mordant et de swing à
Malcolm Burn (Peter Gabriel, Emmylou Harris) se tient nue, et au milieu du terrible parc d’attractions du show-business, avec une jolie collection de chansons sensibles, nourries de sa volonté juvénile, et de son refus des étiquettes.
A la suite de toute une collection de lolitas jetées en pâture à la concupiscence d’un marché sans vergogne (on le savait, que l’aventure de
Britney Spears allait mal finir), il est finalement rassurant de constater l’émergence de jeunes talents, enregistrant des albums aussi pertinents, à l’âge de leurs premiers émois amoureux.
Christian Larrède