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Biographie de Stephen Stills

Le talent du guitariste américain résulte d'une grande ouverture musicale, fruit d'expériences sonores acquises au rythme des déménagements fréquents de son enfance (Costa Rica, Panama), qui non seulement en font un précurseur dans l'introduction de colorations latines dans le son rock de l'époque, mais lui permettent d'aborder avec d'efficacité blues, rock ou pure country. Ses œuvres seront aussi remarquées pour l'extrême liberté de leur forme, l'artiste s'affranchissant du carcan des trois minutes standards pour de longs développements musicaux où il peut exprimer ses questionnements amoureux ou son activisme social.

La carrière de Stephen Stills est marquée par deux rencontres majeures avec ses frères d'armes, Jimi Hendrix et Neil Young. Le premier est rencontré du temps du Buffalo Springfield, au cours de séances d'improvisation qui le marquent à jamais. A l'époque de ses premiers succès comme guitariste, la disparition du Maître est l'occasion pour Stills de lui dédier son premier album, sur lequel il l'avait invité pour un groovy « Old Times Good Times », et où le talent d'Hendrix est son apogée, pour ce qui constitue sans doute son ultime enregistrement. Départ évidemment trop précoce mais vrai passage de relais entre deux amis qui ont failli faire partie du même groupe, le Jimi Hendrix Experience, Noël Redding occupant finalement la place de bassiste pour laquelle Stephen Stills était pressenti. « Quand Jimi est mort, j'ai failli tout lâcher ».

Neil Young occupe une place à part dans la vie de Stephen Stills : amateur de distorsion et de son brut, le canadien est le pendant sauvage du très perfectionniste Stills. Les deux guitaristes fusionnent de façon surprenante au cours de magnifiques solos croisés exécutés au sein de leur groupe, le Buffalo Springfield (la version longue de « Bluebird » par exemple) puis de Crosby, Stills, Nash et Young, spécialement sur l'album en concert : 4 Way Street. L'osmose musicale est complète mais, tels l'eau et le feu, les deux artistes, qui se sont rencontrés pour la première fois au Canada en avril 1965 (à Thunder Bay, ex-Fort William), ne pourront jamais réellement s'entendre, entraînant de sempiternelles ruptures et tentatives de collaborations.

Le Buffalo Springfield, créé en 1966, inspirateur du folk-rock et sous large influence des Beatles, rois du monde à cette époque, est l'exemple parfait du gâchis relationnel qui existe entre les deux guitaristes. Malgré trois albums reconnus, un énorme hit, « For What It's Worth » , écrit par Stills après une émeute dans Sunset Strip à Los Angeles le 12 novembre 1966, un son précurseur (trois voix, trois guitares) dû aux talents et à l'imagination des musiciens (Richie Furay, Bruce Palmer, Dewey Martin), le groupe cède sous les coups de boutoir du canadien qui laisse souvent ses partenaires en plan pour reprendre sa liberté en solo, les obligeant à trouver des solutions d'urgences (son remplacement par David Crosby pour le Festival de Monterey le 18 juin 67) avant de finalement les laisser sur le carreau en 1968.

Reste que le talent de Stephen Stills s'est concrétisé au cours de ces 25 mois d'existence officielle par quelques perles qui illustrent à la fois sa qualité d'écriture et sa technique à la guitare: « For What It's Worth » bien sûr, mais aussi « Bluebird », « Rock' n' roll Woman » ou le jazz latin « Everydays ». La quête musicale de Stephen Stills se poursuit dans le studio d'Al Kooper pour le disque Mike Bloomfield/Al Kooper/ Stephen Stills -Super Session- en 1968, improvisations blues-rock avec ceux qui sont respectivement à l'origine du virage électrique de Bob Dylan (Highway 61 Revisited) et du futur groupe Blood Sweat and Tears. Présent sur trois titres (en fait il a remplacé Bloomfield qui devait tous les jouer), Stephen Stills aère un peu une atmosphère âcre en y faisant entrer un vent de psychédélisme sur la reprise de Donovan, « Season Of The Witch » où sa wah-wah fait merveille, avant d'illustrer le « It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry » de Dylan par un petit solo concis.

Le disque est un succès international et relance le guitariste. Il entre dans la légende grâce à sa rencontre, sous les bons auspices de Cass Elliot de The Mamas and the Papas, avec David Crosby (récemment viré des Byrds) et Graham Nash (qui vient d’abandonner les Hollies et de s’exiler en Californie) qui apportent les compléments harmoniques parfaits à sa voix : abasourdis par cette étonnante osmose vocale, et après quelques séances de studio de juin à décembre 1968, le trio enregistre Crosby, Stills And Nash en février 69, un disque de référence qui touche des millions d'auditeurs, créant par la même la légende d’un des premiers super groupes de l'histoire du rock.

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Les dates ...

2005 (09 Aout)
Parution de Man Alive
1991 (11 Septembre)
Parution de Stills Alone

Vidéo

Stephen Stills - clip vidéo Suite: Judy Blue Eyes (Demo)

Suite: Judy Blue Eye ...
Stephen Stills