par Loïc Picaud
Susana Esther Baca de la Colina est né dans le district de Chorrillos, près de Lima (Pérou) le 24 mai 1944, d'un père guitariste et d'une mère danseuse. D'ascendance afro-péruvienne, elle est la petite cousine de Caitro Soto et de Ronaldo Campos. Ses goûts musicaux la porte vers les musiciens cubains, notamment le roi du mambo Pérez Prado et l'émouvant chanteur Beny Moré.
Reconnaissance mondiale
Chanteuse traditionnelle péruvienne, Susana Baca se fait connaître avec la ballade triste « Maria Lando », une reprise de son aînée et protectrice Chabuca Granda incluse dans la compilation The Soul of Black Peru sortie sur le label Luaka Bop de David Byrne en 1994. Ce bout de reconnaissance tardive la propulse dans une tournée américaine et l'édition de l'album Susana Baca en 1997.
Lamento péruvien
La voix souple de la chanteuse et son style ancré dans l'héritage afro-péruvien, enrichi par diverses formes modernes (cubaine et brésilienne) et une instrumentation variée, se retrouvent dans les albums Del Fuego y del Agua (paru en 1992 et réédité en 2000), Eco de Sombras en 2000 et surtout Lamento Negro (2001) qui lui apporte un Latin Grammy Award l'année suivante. Espiritu Vivo, sorti en avril 2002, est vivement salué par la presse spécialisée. Une compilation voit le jour en 2004, Lo Mejor de Susana Baca.
Ses disques empreints d'une grande mélancolie revisitent le patrimoine péruvien, comme par exemple Travesias en 2006. Avec son mari le musicologue bolivien Ricardo Pereira, Susana Baca a fondé en 1992 l'Institut Negrocontinuo de Lima, chargé de collecter et de conserver ce patrimoine musical. En 2009 paraît un nouvel album, Seis Poemas.
Loïc Picaud