Dès son retour de caserne, Johnny demande la main de sa fiancée et leur mariage, le 12 avril 1965 est l'un des événements people les plus couverts par la presse de l'époque. La naissance d'un fils, David, l'année suivante vient encore alimenter les chroniques des journaux mondains, d'autant que cette maternité n'empêche guère Sylvie de poursuivre sa carrière artistique, notamment au cinéma (genre qui l'a toujours attiré depuis ses figurations d'enfance) puisqu'on la voit dans Cherchez l'idole de Michel Boisrond ou Patate de Robert Thomas, qui lui permet d'accéder à un rôle plus conséquent. Elle qui a raté de peu l'un des rôles principaux des Parapluies de Cherbourg, de Jacques Demy, obtient ainsi une reconnaissance publique sincère, bien que la critique soit plus sévère quant à ses prestations devant la caméra. En 1967, « 2 minutes 35 de bonheur », enregistré avec Carlos, fait d'elle une star en Italie et en Espagne, pays qu'elle n'avait alors que peu touché à la différence des Etats-Unis ou du Japon. « Comme un garçon » vient la même année confirmer la notoriété de Sylvie Vartan tant dans son pays d'adoption qu'à l'étranger.
Sylvie survivante
Mais en 1968, Sylvie Vartan est victime d'un accident de voiture dont elle sort indemne, mais très affectée par la mort de sa passagère, par ailleurs marraine de David. Elle ne revient sur scène qu'un an plus tard, prête à communier à nouveau avec le public pour oublier sa peine, mais l'année suivante, un deuxième accident de voiture, avec Johnny, lui vaut six mois de soins chirurgicaux esthétiques aux Etats-Unis pour se refaire le visage, salement amoché par le crash. La nouvelle fait bien sûr la une de la presse people et Sylvie profite de sa convalescence pour étudier la danse avec le professeur de danse de Barbra Streisand, autant pour préparer ses futures prestations que pour retrouver la « niaque » lui permettant de surmonter les conséquences de ses opérations multiples.
Une fois remise, Sylvie, en guise de catharsis, remonte sur les planches et retourne en studio enregistrer des albums avec la frénésie de vivre de la survivante : Shang Shang a Lang, Je Chante Pour Swanee, Qu'est-ce Qui Fait Pleurer les Blondes, Ta Sorcière Bien Aimée, Fantaisie sont autant d'échappatoires pour la chanteuse qui croque plus que jamais la vie à pleine dent après avoir vu la mort de près. Des tournées à Las Vegas, Paris, Tokyo ou Los Angeles lui permettent également de se confronter à différents public aux exigences différentes. « Non, je ne suis plus la même », « J'ai un problème », « Bye Bye, Leroy Brown », « Danse là, chante là », « L'amour, c'est comme les bateaux », « Petit Rainbow » ou « Solitude » se classent très honorablement dans les classements et maintiennent Sylvie Vartan dans la course tout au long des années 1970, à l'heure ou tant de chanteurs yéyés disparaissent dans les brumes de l'oubli et de la ringardisation fulgurante.
Le phénomène Sylvie marche à plein régime et même si sa marque de prêt-à-porter a du déposer le bilan, la chanteuse n'en continue pas moins à faire la une des journaux musicaux. L'increvable Sylvie semble partie pour durer et cette marathonienne des tours de chants continue à multiplier les concerts et les tournées mondiales, remplissant les plus grandes salles et offrant à son public de grands spectacles à l'américaine, avec danseuses et effets spéciaux : elle est l'une des pionnières françaises en la matière.
Les années sombres
En novembre 1980, l'annonce du divorce de Sylvie Vartan et Johnny Hallyday fait grand bruit dans le Landerneau parisien. La chanteuse en tire deux albums, Bienvenue Solitude et Ça Va Mal, qui connaissent un succès relatif. Ouvrant une école de danse à Paris (elle en ouvrira plus tard une à Tokyo), elle entame une carrière de chorégraphe afin de former de futurs danseurs d'opera-rock. Plus active que jamais, elle sort quasiment un album par an, tourne dans des comédies musicales, épate le public international.... mais la France commence tout doucement à l'oublier.
Ses albums se vendent toujours, mais son image est désormais celle d'une survivante yéyé (malgré une authentique créativité musicale originale) et Sylvie Vartan se voit obligée d'appliquer à elle-même l'adage « Nul n'est prophète en son pays ». Son remariage en 1984 avec le producteur américain Tony Scotti fait encore vendre du papier, mais son statut d'icône rock commence à être bien ébranlé, d'autant que quelques adaptations en français de standards new-wave et pop britanniques (notamment « Déprime », la reprise de « Sweet Dreams » d'Eurythmics) font davantage ricaner que planer. Bien qu'elle reste perpétuellement active sur le plan de la composition et de la sortie d'album, Sylvie Vartan commence à se traîner une image de dinosaure un peu passé de mode et, en dépit de quelques audaces artistiques comme Made in USA, en 1985, le public semble ne plus être au rendez-vous.
Les dates ... 2011 (16 Décembre) Sortie de Live à La Salle Pleyel 2010 (29 Novembre) Sortie de Soleil Bleu |