L'enfance de l'artIssus d'une famille qui pratique la musique depuis plusieurs générations, les frères Wilson, Brian, Carl et Dennis, grandissent à Hawthorne (Californie).
Trois éléments font la spécificité du son de
The Beach Boys : leurs harmonies vocales cristallines, les accords et les rythmes binaires de
Chuck Berry, qui forment l'ossature de tout répertoire rock, et les productions sophistiquées de
Phil Spector, dont Brian tentera inlassablement de reproduire le fameux
Wall of Sound.
Garçons de plageLe déclic se produit en 1961 lorsque Dennis revient d'une séance de surf, Brian écrit
« Surfin' » (octobre 1961). Ils optent alors pour le nom de
The Beach Boys. Le 16 juillet 1962, leur père signe à leur place un contrat discographique chez Capitol Records, aucun n'étant majeur.
Les chansons de Brian deviennent à une vitesse incroyable les hymnes de la jeunesse américaine, qui se reconnaît dans ce quintette insouciant et bien élevé, projetant une image saine et sportive, et célébrant les jolies filles, les surprise-parties et les joies du surf.
Dans les albums et sur scène, le beau Dennis, est le principal centre d'attraction pour le public féminin, il a souvent droit à une chanson ou deux et devient
la star des Beach Boys. Cependant, et bien qu'étant techniquement le chanteur le moins doué, c'est
Mike Love qui interprète le plus de titres.
En décembre 1964, lors d'un trajet en avion effectué en pleine tournée, Brian, désemparé est en proie à une profonde crise d'anxiété et doit être rapatrié d'urgence. Il décide alors d'abandonner les concerts, où il ne s'est jamais senti à l'aise, et de se concentrer sur ses principaux talents : le chant, l'écriture et la production.
Chefs-d'œuvreEn 1966, de retour d'une tournée japonaise,
The Beach Boys sont confrontés au Grand Œuvre de Brian,
Pet Sounds(16 mai 1966). L'album n'a rien à voir avec les précédents, abordant des thèmes beaucoup plus sérieux et adultes. Une chanson,
« Caroline No », paraît en single sous le nom de
Brian Wilson, aucun des Beach Boys n'y ayant été impliqué. Comme toujours, leurs harmonies et leurs performances vocales font merveille sur le disque, Brian s'y charge de tout ou presque. Désormais acquis à la cause du psychédélisme, ils ont abandonné les uniformes avec lesquels ils faisaient jusque là leurs apparitions publiques et se laissent pousser les cheveux.
Reçu tièdement aux Etats-Unis,
Pet Sound réalisera un meilleur score en Angleterre, où
Paul McCartney (qui considère
« God Only Knows » comme la plus grande chanson jamais enregistrée) et
Mick Jagger ne cessent de chanter les louanges de
Brian Wilson.
Le semi-échec de
Pet Sounds est compensé l'année suivante par le triomphe du single
« Good Vibrations »(10 octobre 1966). La chanson atteint le n° 1 un peu partout dans le monde et permet au groupe de redevenir une sensation.
Désireux de dépasser
The Beatles, Brian se lance dans une œuvre encore plus ambitieuse,
Smile et où il travaille cette fois-ci avec le jeune parolier
Van Dyke Parks, au style plus « défoncé » et dans l'air du temps. Devenu totalement paranoïaque,
Brian Wilson refuse de sortir l'album et détruit une grande partie des bandes.
Il ne participe qu'à contre-cœur à l'album
Smiley Smile (septembre 1967), une sorte de version abâtardie de
Smilepubliée suite aux pressions de Capitol. Les parties vocales sont enregistrées à son domicile.
Eté troubleMeilleur chanteur du groupe, bon musicien,
Carl Wilson devient le leader de
The Beach Boys, même s'il a plus de facilités à chanter qu'à composer. L'album
Wild Honey(décembre 1967), souffre de l'absence de
Brian Wilson et réalise de mauvais scores commerciaux.
TournéesLe très beau
Sunflower(août 1970) connait au moins deux versions différentes avant de paraître, de même que le sombre et désespéré
Surf's Up (août 1971). Le fantasque Dennis se met alors provisoirement en congé du groupe.
A l'été 1972, n'en étant plus à une décision incongrue près, ils partent s'établir aux Pays-Bas et y construisent un studio pour enregistrer un album,
Holland (janvier 1973), Brian leur faisant faux bond au moment de prendre l'avion ! .
En fait, Brian, cloîtré, ne bouge plus de son lit, se goinfre, se drogue ; il ne quittera pas sa chambre pendant presque trois ans.