Né le 21 avril 1959, le jeune guitariste
Robert Smith forme
Malice en 1976 à Crawley, dans le Sussex, avec ses copains d’école
Lawrence « Lol » Tolhurst (batterie),
Michael Dempsey (basse), Paul « Porl » Thompson (guitare), et un certain Peter O’Toole, parti en 1977.
Leader naturel du groupe, il en devient également le chanteur. La formation se rebaptise Easy Cure et donne ses premiers concerts. Rapidement, le label berlinois Hansa la sélectionne pour un concours et lui permet d’enregistrer quelques titres en studio, dont
« Killing an Arab », inspiré par
L’étranger d’Albert Camus. Hansa refuse de sortir cette chanson en 45 tours et le contrat est annulé. Le groupe devient
The Cure et se sépare de Thompson dont le jeu de guitare est jugé trop bavard et daté par Smith.
Fiction RecordsLe groupe enregistre une démo.
Chris Parry, directeur artistique chez Polydor propose au groupe de le signer sur son label Fiction Records.
The Cure s’attelle à l’enregistrement de son premier album, produit par Parry. Parallèlement, il tourne en première partie de
Wire et
Generation X. Le premier single
« Killing an Arab », est suivi en mai du remarquable album
Three Imaginary Boys.
« Boys Don’t Cry », absent de l’album, est suivi d'un autre excellent single inédit,
« Jumping Someone Else’s Train », fin 1979.
Entre temps,
The Cure s’est embarqué dans une tournée anglaise en première partie de
Siouxsie and the Banshees. Quand le guitariste John McKay quitte soudainement les Banshees,
Robert Smith se propose de le remplacer pour leur permettre de continuer, jouant chaque soir dans les deux groupes ! A la fin de l’année,
Michael Dempsey quitte
The Cure pour rejoindre
The Associates, et est remplacé par
Simon Gallup. Le trio devient quatuor avec l’arrivée d’un clavier,
Matthieu Hartley, qui permet au groupe de s’ouvrir à des ambiances plus atmosphériques.
La trilogie claustrophobeDébut 1980, Smith s’enferme avec son groupe pour enregistrer
Seventeen Seconds, précédé de
« A Forest », le premier hit de
The Cure. Une grande partie de l’année est consacrée à une tournée mondiale des Etats-Unis à l'Europe, puis l'Australie. Les excès de la vie en tournée inspireront à
Robert Smith l’écriture de chansons, mais ont raison de
Matthieu Hartley. Redevenu trio, le groupe retourne en studio pour tenter d'enregistrer son troisième album dans une ambiance assez douloureuse. Il jette un premier lot de chansons à la poubelle et repart en tournée en Angleterre, créant ainsi plusieurs morceaux du futur album devant son public. De retour en studio en février 1981, il termine
Faith, un disque à l’inspiration plutôt morbide, précédé du single
« Primary ». C’est à cette époque que le fameux « look Cure » (ou « corbeau ») apparaît : vêtements noirs, cheveux en vrac, maquillage outrancier…
En été,
The Cure enregistre un single plus pop,
« Charlotte Sometimes » (octobre 1981, n°44). 1982 est encore une année d’excès pour
The Cure qui enchaîne une nouvelle fois l’enregistrement d’un album et une tournée mondiale.
Pornography (1982, n°8), écrit sous l’effet cumulé de l’acide et de l’alcool, est un sommet de folie quasi-psychédélique. La tournée qui suit est aussi délirante que l’album. La tension est à son comble entre les musiciens du groupe, qui se sépare en juin 1982, à l’issue du dernier concert ! Smith part en vacances, Tolhurst abandonne la batterie pour se mettre aux claviers et Gallup forme son propre groupe.
Chris Parry sort
« The Hanging Garden » en single (n°34). Personne ne sait si
The Cure a encore un avenir.
La renaissance popChris Parry, affolé à l’idée de perdre la locomotive de son label, suggère à Smith et Tolhurst de casser le mythe de
The Cure en faisant le contraire de tout ce qu’ils ont fait précédemment : Smith se prend au jeu et écrit
« Let’s Go To Bed », qui ne rencontre pas le succès escompté.