Véritable héros
dans son lointain pays continent, l’Australie (il est pourtant né
en Californie !),
John Butler est à la fois un vendeur de
disques (indés) par millions et une sommité de la
green attitude,
impliqué dans nombre d’actions tangibles pour la préservation de
la planète et de la conscience humaine.
April
Uprising est son cinquième album
studio, qu’il a usiné dans son fief de Fremantle, petite ville de
l’Ouest australien, avec de nouveaux partenaires, le bassiste Byron
Luiters et le batteur (par ailleurs son beau-frère)
Nicky Bomba au
nom prédestiné, et à la carrière solo complémentaire. Sous
pochette léonine, le trio fait donc partager 15 nouvelles chansons
qui évoluent entre folk chaleureux, et rock classique, tout en
simplicité de bon aloi. Dans un monde musical tellement formaté, et
en perte de repères dans le maelström de la déliquescence du
marché du disque, le
John Butler Trio apporte un souffle idéaliste, à la limite de
l’utopie reine dans les sixties. Quand on pensait que les chansons
allaient changer le monde.
La facture de ces chansons est
simplissime, c’est celle d’un power trio qui aurait remplacé le
« power », la surenchère amplifiée, par une saine
énergie un peu rustique, voire rurale. Un banjo pécore dans
« Ragged
Mile »,
par exemple. Une effluve de rythmique reggae ici ou là. On est dans
une atmosphère familière, le JBT crée du rock pour faire passer du
bon temps, pas pour révolutionner le genre ou pour trouver un moyen
de fréquenter Paris Hilton !
En cela il retrouve cette
innocence perdue du rock, qui semble une denrée fréquente en
territoire austral. Et si April
Uprising ne recèle pas de grandes
chansons, il bénéficie d’un charme boisé qui en rend l’écoute
agréable.
Jean-Eric Perrin