William Robinson (né le 19 février 1940) aime les westerns. Ce qui lui vaut le surnom de « Smokey ».
Le baryton Ronald « Ronnie » White aime les chansons.
Nous sommes en 1955, à Detroit. Les deux amis, étudiants, fondent groupe sur groupe (The Five Chimes, The Matadors) avant de rassembler autour d’eux Claudette Rogers (qui épouse son leader au mois de novembre 1959), Bobby et Emerson Rogers (cousins de la dame, et le premier né le même jour de la même année, et dans le même hôpital, que Robinson), Warren Pete Moore, et le guitariste Marv Tarplin (qui accompagne jusque là The Primettes, première incarnation de The Supremes).
La première audition du groupe est un échec : personne dans le métier n’a nécessité d’une nouvelle mouture de The Platters. Un homme jeune, ambitieux, entreprenant, est pourtant près à prendre un pari sur ces jeunes talents. Nous sommes en 1959, et The Miracles naissent à la chanson, et Berry Gordy Jr. devient leur manager.
Les premiers
Les premiers disques du groupe (« Bad Girl », « Way Over There »), majoritairement composés par Robinson, commencent à installer la renommée du quintette dans le pays. Mais leur leader n’est pas satisfait des retombées modestes de ventes pourtant confortables (la coutume de l’époque voulait que les artistes négocient leurs enregistrements avec les compagnies discographiques, renonçant ainsi à tous droits d’auteur).
C’est un encouragement explicite à Gordy pour qu’il crée son propre label : Tamla Motown Records naît en 1959, et Robinson en devient vice-président deux ans plus tard. Après un galop d’essai de trois 45 tours, la machine des Miracles s’ébranle : « Shop Around » devient en 1960 le premier numéro un de la firme, et son premier 45 tours à se vendre à plus d’un million d’exemplaires.
Au galop
Le premier album du groupe Hi…We’re The Miracles sort à l’été 1961, et le deuxième Cookin’ With The Miracles est édité quelques mois plus tard. Il est suivi des singles « You Really Got A Hold On Me » (chanté par The Zombies, et The Beatles sur leur deuxième album), « What’s So Good About Goodbye» , et «I’ll Try Something New» (1962). La même année, l’album I’ll Try Something New inclut une reprise du « I’ve Got You Under My Skin », de Cole Porter.
Puis jaillissent les 45 tours «Mickey’s Monkey» (repris par The Hollies en 1963), et «I Gotta Dance To Keep From Crying», revisité par The Who (1963). La même année, le groupe sacrifie au disque de genre avec Christmas With The Miracles, puis The Fabulous Miracles (sur la pochette duquel on peut admirer – fait rare – Marv Tarplin et sa magnifique guitare), The Miracles Recorded Live On Stage, enregistré sans Moore, parti à l’armée, et l’album The Miracles Doin’ Mickey’s Monkey, qui permet au groupe de revisiter quelques standards de la danse, tel «The Twist» d’Hank Ballard, complètent une production discographique frénétique.
La ronde des hits reprend alors : «I Like It Like That» (1964), «Going To A Go-Go» (repris plus tard par les Rolling Stones), «My Girl Has Gone», «The Tracks Of My Tears» et «Ooo Baby Baby» (1965).
Les premiers, vraiment
Les Miracles sont alors le premier groupe de leur label, les meneurs de la Motor Town Revue (tournée itinérante de la compagnie), et une influence largement reconnue par tous les groupes britanniques, qui prennent alors d’assaut le marché américain. En outre, le Smokey Robinson compositeur contribue largement aux succès des Temptations (« My Girl », « Get Ready »), de Marvin Gaye (« Ain’t That Peculiar »), Mary Wells (« My Guy »), The Contours (« First I Look At The Purse »), The Marvelettes, ou The Supremes.
Mais tout n’est pas rose pour le groupe : Smokey Robinson est victime d’un virus pandémique, et la vie de tournée est également fatale à Claudette, qui souffre de plusieurs fausses couches.