L'album est bouclé en deux semaines, fruit d’une collaboration avec le saxophoniste ténor Steven McKay qui apporte cette touche free-jazz parfaitement adaptée à la volonté de retranscrire le son concert du groupe. Il est porté par les hymnes urbains d’une jeunesse qui s'ennuie (« Down on the street », « 1970 »), marqué par les compositions simples mais dévastatrices de Ron Asheton et le charisme d'Iggy Pop. Sorti mi 70, c’est une grande réussite, mais le groupe étouffe à Los Angeles (« L.A. blues ») et s’en retourne vite à la Fun House.
C'est le début des problèmes, les Stooges, de plus en plus sauvages, se retrouvent avec un Dave Alexander trop saoul pour jouer, il sera viré après plusieurs concerts catastrophiques. Un roadie, Zeke Zettner, encore plus incompétent, le remplace. Au cours d'une audition Ron Asheton retrouve une ancienne connaissance : James Williamson, il s'avère meilleur guitariste que lui qui reprendra le rôle de bassiste. Cette nouvelle formation semble relancer le groupe grâce aux bonnes compositions de Williamson, mais Elektra les refuse. James devient l'alter ego d'Iggy, amis de défonce, ils sombrent la tête la première dans l'héroïne, tout le groupe suit cette descente aux enfers et Ron se sent de plus en plus isolé (il ne prend pas de drogues). Pour clore l’épisode, Scott totalement défoncé envoie le camion contenant le matériel de location dans un pont : Danny Fields jette l'éponge et le groupe est dissous officiellement le 8 juillet 1971. Tout semble terminé, Iggy Pop s'envole pour New York et la Fun House est détruite pour laisser place à une autoroute.
Iggy Pop, alors en cure de désintoxication, rencontre David Bowie qui lui présente son manager : Tony DeFries, ils signent ensemble un contrat pour deux disques et s'envolent pour l'Angleterre accompagnés de James Williamson. Iggy cherche une rythmique, il rappelle alors les frères Asheton, le groupe se reforme le 6 juin 1972. Les nouvelles compositions de James pleuvent, brutes et tranchantes, elles ne plaisent pas à DeFries, trop occupé par la carrière naissante de Bowie. Pourtant Iggy Pop & The Stooges donnent des concerts éblouissants et malsains en Angleterre, Iggy s'est teint en blond argenté, Nick Kent à propos d'un concert dira : « c'était plus effrayant qu'Orange Mécanique et Alice Cooper réunis ».
EN 1973, ils enregistrent l'album Raw power sur lequel de nombreux titres comme « Cock in my pocket » ou « Head On », refusés par DeFries, seront écartés, on les retrouvera sur des disques pirates ou des lives comme Metallic K.O.. DeFries part pour les Etats-Unis et laisse les Stooges à l'abandon en Angleterre, puis les installe dans une somptueuse villa à Hollywood où ils assouvissent leurs fantasmes de star : drogues, orgies, violence et faits-divers. C'est en ami que David Bowie travaille sur le mixage de Raw Power, il réalise un suicide commercial poussant la voix et les guitares au maximum dans le rouge, faisant exploser les harmoniques et donnant de ces sonorités très désagréables et agressives qui feront la joie des punks. Mais, le mixage déplait fortement aux frères Asheton qui parlent de sabotage, Iggy Pop dira la même chose en 1997 lorsqu'il remixera l'album pour arriver finalement à un résultat quasi similaire ! L'album est tout de même une réussite, il pose les bases d'un punk-rock destructeur à la violence extrême et au nihilisme suicidaire. Son influence sur les punks de 77 sera évidente et des hymnes comme « Search and destroy » ou « Penetration » marqueront du sceau de l’anarchie le début des années 70, pourtant en pleine poussée du rock progressif.
Mais les Stooges n'en finissent plus de sombrer dans la démence, les drogues et l'autodestruction. DeFries leur coupe rapidement les vivres. Ils essaient tout de même de s'en sortir, mais les concerts tournent à la catastrophe : Iggy Pop ne tient plus debout, il vomit sur le public, sabote les représentations allant jusqu'à tenter de se suicider en plein concert à coups de tessons de bouteille au Max's Kansas City. Le groupe au bord de l'implosion donne un ultime concert en février 1974, devant une foule hostile de Hell's Angels qu'Iggy Pop insulte copieusement. Le groupe splite définitivement à l'issu de cette dernière aventure. On en retrouve le témoignage sur l’ultime enregistrement chaotique de Metallic K.O..
Iggy Pop poursuivra sa carrière en solo, accompagné par David Bowie, qui saura lui sortir la tête de l’eau au bon moment. Dave Alexander et le roadie Zeke Zettner meurent en 1975 d'overdose et de malnutrition lié à l'alcoolisme.
Les dates ... 2009 (06 Janvier) Décès de Ron Asheton 2003 Re-formation de The Stooges |