Pour son deuxième album,
Thierry Amiel a voulu un son plus personnel (d’où le titre à son nom), plus en accord avec ses goûts. Résultat : un album entre variétés et pop rock à l’anglaise, calibré FM sans être tout à fait creux pour autant. Les sonorités new wave et Britpop sont ici très affirmées et il est évident que l’album a mûri dans l’ombre de Cure et Muse en premier lieu, ainsi que d'autres références de la pop des années 80 (Indochine, Taxi Girl…).
« Un Jour parfait » est l’occasion de sortir du placard les claviers du Cure le plus solennel (façon
Kiss Me… ou
Disintegration) et de faire vibrer des lignes de basse entre Cure et le
« With or Without You » de
U2. Le premier single,
« Cœur sacré », est quant à lui un beau morceau de pop FM, jouant des variations synthétiques des claviers, sous l’influence de
Taxi Girl (l’ancien groupe de
Daniel Darc, auteur du morceau) et
The Cure.
« Réveille-toi » cherche son inspiration dans l’intensité dramatique de Muse, ses arpèges au clavier et le chant plaintif et lyrique. S’il y manque la démesure, l’excès, le débordement et l’authentique violence du transport romantique à la
Matthew Bellamy, cette chanson, qui ouvre le disque, est tout de même l’une des tout meilleures de
Thierry Amiel.
Dans son ensemble, l’album est relativement contrasté, entre l’inspiration croisée new wave/britpop et ballades dans l’air du temps, pas si loin d’un Daniel Lévi (
« Qu’on en finisse »,
« De là-haut », etc.) ou d’un
Calogero, dont le chant de
Thierry Amiel se rapproche par instants.
Si la production, léchée et « lissée », est de toute évidence faite pour la FM (voix en avant, guitares
modérément saturées), certaines compositions doivent néanmoins acquérir en concert un caractère plus « rock », qui doit révéler toute leur valeur.
Malek Joufraoui