Thomas Alan Waits pousse son premier grommellement le 7 décembre 1949 à l’hôpital de Park Avenue de Pomona, sous le soleil d’hiver californien, et dans une famille d’enseignants (Jesse Frank Waits, et Alma Johnson McMurray), d’origine irlandaise, écossaise, et norvégienne.
C’est en autodidacte qu’il s’initie à la guitare et au piano, en immersion totale dans l’œuvre de
Bob Dylan, et les romans du chantre de la
beat generation Jack Kerouac, mais également les chansons d’Edith Piaf, ou les tangos d’Astor Piazzola.
Après le divorce de ses parents, il vit dès 1960 près de la frontière mexicaine, et apprend l’espagnol. De nombreux voyages à Mexico en compagnie de son père l’ouvre à la culture hispanique. Son premier groupe porte en 1965 le nom de The System, et, étudiant, il travaille le soir dans une pizzeria, puis comme portier d’une discothèque de San Diego, enfin comme garde-côte.
Premier contratEn 1971, il signe un contrat avec le producteur Herb Cohen (manager de Frank Zappa), pour lequel il enregistre quelques plages peu convaincantes pour ses employeurs (et qui seront vingt années plus tard éditées sous le titre
The Early Years, Volume One And Two).
En
1973 sort son premier album,
Closing Time (produit par l’ancien The Lovin’ Spoonful Jerry Yester) : le disque, florilège de ballades romantiques sur un mode country, interprétées au piano, fournit des tubes aux
Eagles (
« Ol’55 »), à
Tim Buckley (
« Martha »), ou à Screamin’ Jay Hawkins (
« Ice Cream Man »). Waits partage alors sa vie de bohème (il boit, énormément) avec la chanteuse
Rickie Lee Jones.
En 1974, l’album
The Heart of Saturday Night, sur un mode crooner, est salué par la critique.En 1975, le double album
Nighthawks at the Dinner est enregistré en studio, mais devant un public trié sur le volet, ce qui permet d’apprécier durant les intermèdes quelques bonnes blagues de Waits. La même année, le chanteur assure les chœurs sur un disque de
Bonnie Raitt.
En 1976 sort
Small Change : la séance, qui accueille le roi de la batterie jazz West Coast
Shelly Manne, finit d’installer la réputation du chanteur, qui, pour la première fois, voit l’un de ses disques pénétrer dans les charts américains, et tourne avec un groupe régulier, The Nocturnal Emissions (Les Pollutions Nocturnes). Désormais, dans les milieux branchés, on lit les romans de Charles Bukowski, on regarde des films scénarisés d’après Raymond Chandler, et on écoute les disques de
Tom Waits.
Premier filmLes enregistrements se succèdent :
Foreign Affairs (1977) et son duo avec Bette Middler,
Blue Valentine (1978), incluant la reprise d’un
« Somewhere » emprunté au
West Side Story de Leonard Berstein, - alors que la même année Waits assure son premier rôle au cinéma (dans
Paradise Alley, aux côtés de Sylvester Stallone) -, et
Heartattack and Vine (1980).
En 1982,
Tom Waits compose les chansons du film
One From The Heart (
Cœur de Cœur) de Francis Ford Coppola. C’est sur le plateau de tournage que Waits rencontre Kathleen Brennan, assistante script, et écrivaine. Elle deviendra sa femme, la co-compositrice de nombre de ses chansons, et sera reconnue par le chanteur comme une
influence majeure. C’est en particulier elle qui lui fera découvrir
Captain Beefheart, ce qui aura une influence décisive sur son chant.On peut le voir dans
Outsiders (1983),
Rusty James (
Rumble Fish) et
Cotton Club (1984) du même Coppola.
Toujours en 1983, l’album
Swordfishtrombones, par l’usage de certains instruments à vent, inhabituels chez Waits, traduit une nette évolution de son art.En 1985 paraît
Rain Dogs, qui bénéficiera d’un clip signé
Jean-Baptiste Mondino, et verra l’une de ses chansons (
« Downtown Train ») reprise par
Rod Stewart.
En 1986, il incarne un convict dans
Down By Law de Jim Jarmusch, et joue du piano sur l’album
Dirty Work de
The Rolling Stones.En 1987, le free jazz s’invite dans l’album
Frank’s Wild Years, musique d’un spectacle présenté sur la scène off de Broadway, et on peut voir le chanteur dans le film
Ironweed, en compagnie de Jack
Nicholson, ainsi qu’au générique de
Candy Mountain de Robert Frank.
En 1988, sort
Big Time (qui est un concert filmé). La même année,
Tom Waits entame une longue série de procès contre des firmes utilisant ses chansons dans des campagnes de publicité, et ce malgré son désaccord.