A l’image de beaucoup de chanteuses de R&B américaines, c’est devant un parterre de fidèles d’une église du Maryland que Toni Braxton, née en 1967, fait ses premières armes dans la chanson en égrenant le répertoire gospel. C’est d’ailleurs en famille qu’elle commence à évoluer musicalement, formant avec ses sœurs Traci, Tawanda, Tamar et Trina, le groupe The Braxtons à la fin des années 1980.
De tournée en show, Toni Braxton prend conscience que sa voix chaude et posée fait d’elle le leader du groupe et, en 1991, décide de voler de ses propres ailes en entamant une carrière de chanteuse solo. Car le timbre particulier de la chanteuse n’a pas échappé à l’attention d’Antonio Reid et de Kenneth « Babyface » Edmond, grands manitous de LaFace Records, l’un des plus gros labels américains consacrés au R&B. Soutenue par ceux-ci, Toni Braxton entre très rapidement en studio et, deux ans après avoir quitté The Braxtons, sort Toni Braxton, son prmeier album, qui se classe d’entrée de jeu à la première place du classement Billboard américain.
Coup de maître pour ce premier opus, grâce auquel Toni Braxton entre dans le cercle restreint des grandes dames du R&B, genre alors naissant aux Etats-Unis. L’Amérique est conquise et le reste du monde ne tarde pas à suivre : Europe, Australie, Japon font un accueil triomphal à la petite dame du Maryland. De 1993 à 1996, Toni Braxton multiplie les tournées à travers le monde, ainsi que les singles, car LaFace Records exploite à fond le premier album sorti.
Mais, précisément, le besoin d’un deuxième album pour concrétiser le succès de Toni Braxton se fait attendre. Ce n’est qu’en 1996 que l’artiste retrouve le chemin des studios pour Secrets. Petite déception : si Toni Braxton s’était classé directement à la première place du Billboard, Secrets ne se hisse... qu’à la deuxième ! Les singles extraits de l’album (« Unbreak My Heart », « You’re Making Me High »...), eux, caracolent en tête des ventes et imposent Toni Braxton comme l’un des plus importants phénomènes R&B de l’histoire de ce genre musical.
Ici commence l’Enfer
En apparence, rien ne peut interrompre la success story de la chanteuse : récompenses multiples, ventes colossales d’albums et de singles, tournées internationales : rien ne semble pouvoir déstabiliser Toni Braxton et son ascension vers les sommets des classements. Cependant, si la démarche musicale de l’artiste est un sans-faute, de sombres histoires de gros sous commencent à entraver le parcours de celle qu’on voyait d’ores et déjà comme la nouvelle Whitney Houston.
De royalties non payées en dettes contractées en son nom par ses producteurs, tous les signaux financiers sont au rouge alors que, paradoxalement, Braxton n’a jamais autant vendu de disques ! S’apercevant des magouilles de LaFace Records, la chanteuse réagit en assignant ses deux producteurs en procès, mais se retrouve contrainte de se déclarer en faillite personnelle, ne pouvant plus assumer son train de vie et ses créances colossales de près de quatre millions de dollars. Parvenant, d’extrême justesse, à sauver ses biens de la saisie, Toni Braxton réussit à obtenir une compensation financière de la part de Babyface, ce qui, cependant, la laisse à genoux et financièrement exsangue, sans compter les problèmes de santé concomitants.
Abattue en plein vol, beaucoup prédisent la fin de Toni Braxton et sa relégation au palmarès des stars éphémères. Il est vrai que pendant les quatre années qui suivent, on n’entend plus guère parler de la chanteuse, sauf dans les bas-fonds journalistiques de la presse people.
Série noire
Cependant, Toni Braxton a de la ressource et n’abandonne pas l’idée de revenir au premier plan un jour ou l’autre. S’étant débarrassée des deux arsouilles, la chanteuse repart de l’avant et, après avoir assuré le rôle de « la Belle » dans la comédie musicale de Disney La Belle et la Bête, enregistre un troisième album, The Heat, qui paraît en 2000, afin de renouer avec le succès. Mais la série noire continue et The Heat, bien que vendu à deux millions d’exemplaires à travers les Etats-Unis (un score dérisoire pour une vendeuse comme elle), est loin d’égaler le succès des deux précédents albums. En dépit du succès du titre « He Wasn’t Man Enough », le redémarrage de la carrière de Toni Braxton est un échec et elle ne parvient pas à rentabiliser les autres sorties singles.