Tracy Chapman naît le 30 mars 1964 à Cleveland (Ohio) et est élevée par sa mère. Très précoce, elle écrit déjà de la poésie et montre une attirance pour la musique. Malgré la pauvreté du foyer monoparental, sa mère trouvera tout de même le moyen de lui offrir une modeste guitare. Adolescente,
Tracy Chapman joue régulièrement lors des services de la chapelle, si bien que le révérend organise une quête pour lui offrir un nouvel instrument.
StudieuseEn 1982, son diplôme de la Wooster School en poche, elle part étudier à la Tufts University de Medford, dans le Massachusetts, et y obtient un diplôme d’Anthropologie et d’Etudes africaines. Parallèlement, elle fait partie d’un groupe de percussions africaines et joue de la guitare dans la rue ou dans les cafés du campus. Elle apparaît peu à peu sur la scène folk de Boston et enregistre
« For My Lover » (1986) pour un 33 tours d’une revue locale, le Fast Folk Musical Magazine.
Révolution acoustique Elle réalise également des démos pour la radio du campus et un étudiant lui permet, de fil en aiguille, de rencontrer le producteur
David Kershenbaum et le manager Elliot Roberts d’Elektra Records, avec qui elle enregistrera son premier album
Tracy Chapman (1988), qui s’ouvre sur l’incontournable single
« Talkin’ Bout A Revolution ». Elle a, de plus, l’occasion d’assurer la première partie de concerts de Nathalie Merchant des 10.000 Maniacs.
Succès fulgurant et planétaireEn 1988,
Tracy Chapman se produit au Bitter End Club de New York et en Angleterre, précédant toujours les 10.000 Maniacs. Elle est alors propulsée sur la scène du Wembley Stadium, pour remplacer in extremis
Stevie Wonder en but à des soucis d’ordres techniques, lors du
Nelson Mandela’s 70th Birthday Tribute Concert. Malgré un style folk simple pas vraiment en vogue à cette époque, la diffusion planétaire de cet événement et sa prestation pleine de sincérité qui émeut immédiatement le public font envoler les ventes de son album : douze mille exemplaires en deux jours, le plaçant au top des hit-parades anglo-saxons.
HumanitaireCe succès fulgurant et inattendu enflamme sa carrière. Fidèle à son esprit engagé et militant, elle participe ensuite, aux côtés de Youssou N’Dour,
Bruce Springsteen,
Peter Gabriel et
Sting, à l’Amnesty International, Human Rights Now! World Tour, à deux éditions du Bridge School Concert Benefit et au AIDS benefit concert à l’amphithéâtre d’Oakland (Californie), tandis que les distinctions pleuvent : une nomination pour la Meilleure Nouvelle Artiste internationale aux Huitièmes Brit Awards du London Royal Albert Hall, les Grammy Awards de la Meilleure Interprétation vocale féminine pour
« Fast Car », du Meilleur Album folk pour
Tracy Chapman et de la Meilleure Nouvelle Artiste lors de la 31ème édition de 1989.
Sur la lancéeSon deuxième album
Crossroads, traitant de thèmes sociaux et émotionnellement profond, sort en 1989 et est certifié disque de platine. Il inclut le titre
« Freedom Now » qu’elle dédie à
Nelson Mandela et pour lequel elle participe au concert du Wembley Stadium célébrant sa libération après vingt-six ans d’emprisonnement, en 1990. « Je suis d’avantage musicienne qu’activiste, mais je pense que c’est important, lorsque l’on est artiste, d’utiliser sa musique pour s’élever envers ce que l’on croit. » Les concerts-hommages se succèdent (Martin
Luther King, Bob Dylan…) ainsi que ceux organisés par des fondations diverses, s’intercalant à une tournée américaine et accompagnant la sortie d’un troisième album,
Matters of The Heart, en 1992. Sur celui-ci figurent les singles
« Bang Bang Bang », qui s’élève contre l’hypocrisie ambiante face au port d’arme, ainsi que
« Matters of The Heart », en collaboration avec
Bobby Womack, l’un de ses inspirateurs : « J’ai grandi en écoutant de la soul, et proche de chansons socialement engagées comme celles de
Stevie Wonder,
Harold Melvin & The Bluenotes,
Marvin Gaye et
Bobby Womack. ».
Nouvelle formationEn 1994,
Tracy Chapman s’entoure de nouveaux musiciens — le bassiste Andy Stoller, le batteur
Rock Deadrick et le percussionniste Glenys Rodgers — pour préparer un nouvel album, aux accents blues, lors d’une tournée aux USA.