Chanteuse adolescente adulée par le public et vilipendée par les critiques, Vanessa Paradis est devenue l’incarnation d’un rock français glamour et chic. Parallèlement à une carrière d’actrice tout aussi intermittente et auréolée de succès, elle mène sa carrière de chanteuse l’air de rien, en susurrant « La, la, la ». La mélodie Nelson du bonheur.
Précocité
Vanessa Paradis naît le 22 décembre 1972 à Saint-Maur-des-Fossés dans le Val-de-Marne. Dès l'âge de 4 ans, elle prend des cours de piano et de danse. Le 3 mai 1980, encouragée par son oncle et futur manager l’acteur Didier Pain, elle participe à sa première émission de télévision, L’Ecole des Fans. Certes, la petite fille se révèle touchante dans son interprétation d’« Emilie Jolie » de Philippe Chatel, mais ces images seront utilisées par la suite à outrance, pour démontrer l’extraordinaire précocité de l’enfant. En 1985, elle participe à l’Eurovision des enfants, enregistrant pour l’occasion le 45-tours « La Magie des surprises parties ».
Les mots coulent, les mots roulent…
Mais Vanessa Paradis doit attendre deux ans pour percer auprès du grand public, avec « Joe le taxi », mambo-variétés plutôt original, écrit par Etienne Roda-Gil et Franck Langolff sort le 27 avril 1987. Il démarre une carrière fulgurante, avec un million d’exemplaires vendus en trois mois, se classe premier dans vingt-cinq pays et atteint même le Top 3 anglais ! Vanessa Paradis a quatorze ans et demi, un joli minois et une voix acidulée très identifiable. Elle apparaît comme la chanteuse ado propulsée star, à l’image de Sheila à l’époque des yé-yés. Elle réitère avec un deuxième 45-tours « Manolo, Manolete », hommage au célèbre toréador Manolete, mort à trente ans lors d’une corrida. Le titre a un succès plus modéré, se classant toutefois dans le Top 10 ; mais le thème de la chanson lui vaut critiques et sarcasmes. De fait, sa notoriété soudaine, son allure de Lolita à la moue boudeuse, son répertoire moins consensuel que celui de sa dite rivale Elsa, la transforment en cible. Et Vanessa Paradis devient la victime d’un public qui l’insulte et l’agresse dans la rue. En janvier 1988, lors de la soirée des Trophées du Marché international du disque (MIDEM) à Cannes, sa prestation est même sifflée. Cette violence semble impensable au regard de la déférence presque excessive dont elle fait l’objet aujourd’hui. L’album M&J, sorti en 1988 ne reprend pas le titre polémique, mais Vanessa trouve tout de même le succès avec « Marilyn et John » et « Maxou ».