Paru en mai 1994, le premier album de
Weezer est souvent considéré comme leur meilleur disque. Avec
Ric Ocasek aux manettes, cet album bénéficie d’une production très power pop aux arrangements soignés.
« My Name is Jonas », qui ouvre l’album, illustre bien le propos (la forme) et l’atmosphère (le fond) dans lesquels le groupe de
Rivers Cuomo tente d’emmener l’auditeur.
Touchant, puissant, extrêmement mélodique et galvanisant, le
Blue Album suscite un peu les mêmes sensations que le
Surfer Rosa des
Pixies quelques années plus tôt : derrière la puissance et la grandiloquence des chansons se cachent une sensibilité, voire une fragilité qui habillent souvent les grands disques.
Entre les tubes ultra efficaces que sont
« Buddy Holly »,
« Undone - The Sweater Song » ou
« Say It Ain’t So »,
Weezer offre des titres aux angles moins bien définis, à la couleur musicale moins évidente, oscillant entre pop et post grunge.
Rivers Cuomo, jeune homme ambiguë, aussi sûr de lui que timide et fragile, ne semble pas produire d’efforts incommensurables pour trouver la mélodie juste.
« Only in Dreams », le long morceau qui ferme admirablement ce premier album, parvient à écrire à lui tout seul une page dans le grand livre du rock américain. Rien que pour cela, on sait déjà, en 1994, que
Weezer est un groupe qui comptera.
Arnaud De Vaubicourt