Qui n’a jamais, dans les années 1980-90, dansé langoureusement sur un slow de Whitney Houston ? Authentique enfant de la musique noire américaine, la diva aux cordes vocales en or a su réaliser un mariage harmonieux du Gospel, de la Pop et du R&B, pour atteindre à un très jeune âge les cimes du show-biz et le statut de star mythifiée. Une ascension météorique, hélas éclipsée par un déclin douloureusement en décalage avec l’image lisse d’une vedette tout public.
Fille de Cissy
Whitney Houston est née le 9 août 1963, à Newark (New Jersey, Etats-Unis) et on peut écrire sans craindre les clichés qu’elle a baigné dans la musique dès sa plus tendre enfance. Sa mère, Cissy Houston, est une chanteuse renommée de soul et de gospel ; Whitney a également pour marraine rien moins qu’Aretha Franklin et pour cousine la star de la pop-soul Dionne Warwick. Là où l’environnement de talents musicaux écrasants pourraient décourager certains de poursuivre dans les métiers artistiques, la petite Whitney commence rapidement à donner elle aussi de la voix, d’abord dans des chorales d’église, où son talent lui vaut rapidement d’interpréter des airs en solo ; on commence déjà à remarquer son joli minois et sa belle voix de soprano. Elle accompagne sa mère en tournée et décroche assez vite des contrats d’enregistrement : en 1977, âgée de quatorze ans, elle est la chanteuse vedette de l’ensemble musical Michael Zager Band, pour les besoins de l’album Life’s A Party. Tout en poursuivant, sur l’injonction de sa mère, sa scolarité pendant quelques années, Whitney Houston décroche des cachets comme choriste en travaillant avec des artistes comme Chaka Khan ou Lou Rawls. Elle met également à profit son physique avantageux pour travailler comme mannequin, et apparaît en couverture de magazines comme Seventeen et Glamour. Décidée à ajouter des cordes à son arc, elle prend des cours de danse et de comédie, apparaissant en tant qu’actrice dans des publicités et des sitcoms comme Allô Nelly bobo.
Arista
A dix-huit ans, Whitney Houston passe sous contrat avec le manager Gene Harvey, qui, conscient d’avoir de l’or entre les doigts, lui fait encore travailler sa voix et pétrit amoureusement son image de vedette potentielle. En 1983, elle signe chez Arista Records, dont le boss, Clive Davis, a été subjugué par l’une de ses prestations sur la scène d’un nightclub. Grand manitou de la musique, Davis voit en Whitney Houston le potentiel d’une Diana Ross, capable d’apporter à la pop un peu plus de la richesse de la musique noire américaine.