Whitney Houston est née le 9 août 1963, à Newark (New Jersey, Etats-Unis) et on peut écrire sans craindre les clichés qu’elle a baigné dans la musique dès sa plus tendre enfance. Sa mère, Cissy Houston, est une chanteuse renommée de soul et de gospel ; Whitney a également pour marraine rien moins qu’Aretha Franklin et pour cousine la star de la pop-soul Dionne Warwick. Là où l’environnement de talents musicaux écrasants pourraient décourager certains de poursuivre dans les métiers artistiques, la petite Whitney commence rapidement à donner elle aussi de la voix, d’abord dans des chorales d’église, où son talent lui vaut rapidement d’interpréter des airs en solo ; on commence déjà à remarquer son joli minois et sa belle voix de soprano. Elle accompagne sa mère en tournée et décroche assez vite des contrats d’enregistrement : en 1977, âgée de quatorze ans, elle est la chanteuse vedette de l’ensemble musical Michael Zager Band, pour les besoins de l’album Life’s A Party. Tout en poursuivant, sur l’injonction de sa mère, sa scolarité pendant quelques années, Whitney Houston décroche des cachets comme choriste en travaillant avec des artistes comme Chaka Khan ou Lou Rawls. Elle met également à profit son physique avantageux pour travailler comme mannequin, et apparaît en couverture de magazines comme Seventeen et Glamour. Décidée à ajouter des cordes à son arc, elle prend des cours de danse et de comédie, apparaissant en tant qu’actrice dans des publicités et des sitcoms comme Allô Nelly bobo.
Arista
A dix-huit ans, Whitney Houston passe sous contrat avec le manager Gene Harvey, qui, conscient d’avoir de l’or entre les doigts, lui fait encore travailler sa voix et pétrit amoureusement son image de vedette potentielle. En 1983, elle signe chez Arista Records, dont le boss, Clive Davis, a été subjugué par l’une de ses prestations sur la scène d’un nightclub. Grand manitou de la musique, Davis voit en Whitney Houston le potentiel d’une Diana Ross, capable d’apporter à la pop un peu plus de la richesse de la musique noire américaine. L’équipe d’Arista Records prend son temps et amasse avec une relative difficulté les titres convenant à leur nouvelle recrue, tous les producteurs de chanson n’étant pas encore convaincus de l’intérêt de confier leurs meilleurs nouveaux titres à une inconnue. En 1984, Whitney Houston chante en duo avec la vedette soul Teddy Pendergrass sur le titre « Hold Me », qui constitue son premier vrai hit. En février 1985 sort Whitney Houston, premier album de la chanteuse. Les ventes n’ont initialement rien de spectaculaire, mais le succès d’un déluge de singles tirés de l’album les entraînent sans cesse vers le haut : l’album met un an à grimper au sommet du hit-parade américain, où il reste ensuite durant plus de trois mois. Les ventes se chiffreront finalement à treize millions d’exemplaires, ce qui correspond à un résultat record pour un premier album (record qui ne sera battu qu’en 1999, avec Baby One More Time, de Britney Spears). A ces résultats rondelets répond un succès critique, la presse s’enthousiasmant pour la voix de Whitney et sa puissance d’émotion. Le fait d’avoir interprété le duo « Hold Me » l’année précédente prive cependant Whitney Houston du Grammy Award du meilleur artiste émergent, mais elle peut se consoler avec le prix de la meilleure chanteuse pop.
Sacré Gainsbarre
Surfant sur la vague de son succès américain, Whitney se déplace sur les plateaux télé internationaux, et connaît un début médiatique mémorable en France, dans l’émission Champs-Elysées, présentée par Michel Drucker, où un Serge Gainsbourg quelque peu déphasé et visiblement sensible à son charme, lui déclare en direct « I want to fuck you ». Au-delà de cet épisode pantalonnesque, la carrière de Whitney Houston est désormais une énorme machine commerciale bien huilée : son second album, intitulé sobrement et – avouons-le – sans grande imagination Whitney, est le premier à débuter directement à la première place des ventes, simultanément aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. 20 millions d’exemplaires vendus n’empêchent pas les premières critiques de venir écorner le mythe Whitney Houston : certains trouvent sa musique trop lisse et formatée, et quelque peu indigne de son talent vocal.