par Nikita Malliarakis
Poussé à se remettre au travail séance tenante, il réalise coup sur coup deux autres albums, Dans un Vieux Rock’n’Roll et Symphoman : la chanson-titre du premier album est d’ailleurs un tube et devient un standard. William Sheller affine sa production et parvient, malgré l’urgence dans laquelle on le fait travailler, à affiner ses chansons, en leur donnant une patine plus personnelle. Le public découvre progressivement que, derrière le chanteur populaire, se cache un compositeur de talent, à la solide formation.
Mais William Sheller lui-même ne vit pas bien son accession à la notoriété : il supporte difficilement le strass et les paillettes, a le sentiment de trahir sa vocation en réalisant des play-back lors de certaines émissions de télévision. Il diversifie ses travaux en écrivant un ballet pour le cabaret Le Paradis Latin, un concerto (Le Violonaire Français) et une musique de film (Retour en force, réalisé par Jean-Marie Poiré) ; mais il a finalement besoin de s’expatrier pour se ressourcer : c’est aux Etats-Unis qu’il part enregistrer l’album Nicolas, qui lui donne ensuite l’occasion de se réconcilier vraiment avec le métier de chanteur.
Piano-voix et symphonie
Oubliant les avatars de la télévision, William Sheller fait enfin de la scène, d’abord en province, puis à Bobino (1981) et à l’Olympia (1982), affirmant sa nouvelle stature d’interprète avec un double album live. Ayant vaincu sa timidité et désormais enthousiasmé par les planches, il se produit désormais sur scène avec une grande régularité. Au cours des années 1980, le chanteur expérimente de nouvelles manières de se produire en concert : ayant été obligé, lors d’un concert bruxellois, de se produire sans ses musiciens (bloqués par la douane belge), il improvise un concert en solitaire, accompagné de son seul piano. Le succès, artistique et public, est tel, qu’il donne à William Sheller l’idée de renouveler régulièrement l’expérience.
Il tente également une autre aventure en réalisant une longue série de concerts avec le Quatuor Halvenhalf, un ensemble musical belge composé d’un alto, de deux violons et d’un violoncelle : avec ces accompagnateurs, il réalise de nouvelles versions de ses anciennes chansons et crée des compositions orchestrales. Un concert à l’Olympia, un album live issu de ce même concert et un album studio viennent couronner leur collaboration.
Parallèlement, William Sheller continue de composer des pièces classiques, dont plusieurs sont interprétées dans divers festivals. En 1990, il se produit au Palais des Congrès avec un Orchestre symphonique de soixante-dix musiciens, l’expérience donnant lieu à un « Concerto pour violoncelle et orchestre ». En pleine période « symphonique » de Sheller, ses disques font résolument le choix du style orchestral, avec notamment l’album Univers, que son succès public porte au statut de Disque d’or. Allure austère sur les photos promotionnelles, lyrisme affirmé dans les compositions, William Sheller affirme son statut d’« auteur grand public » de la chanson française. L’album Ailleurs se veut résolument onirique ; la chanson « Excalibur » bénéficie d’un vidéo-clip à gros budget, conçu et réalisé par le dessinateur Philippe Druillet, qui y transpose son univers de science-fiction : si le résultat est diversement apprécié – certains le jugent superbe, d’autres y voient un triomphe de kitsch à la limite de la parodie involontaire – et la chanson, aux harmonies complexes, pas forcément adaptée à un clip à grand spectacle, l’expérience a au moins le mérite de montrer une fois de plus que l'artiste n’hésite pas à expérimenter.
William Sheller pousse ses projets spectaculaires jusqu’à un stade hollywoodien, en montant la comédie musicale Quasimodo, où Nicoletta interprète le rôle d’Esmeralda. En 1991, il prend le contre-pied de ses tentations précédentes en choisissant à nouveau la sobriété, avec Sheller En Solitaire : grâce notamment à l’énorme tube « Un homme heureux », qui s’affirme comme le plus célèbre des standards de son interprète, l’album est un très grand succès public, qui affirme à nouveau le statut de chanteur populaire de premier plan de son auteur, compositeur et interprète.
Olympia, Casino de Paris, tournée française : 1991 est l’année du plus grand succès de William Sheller. Continuant de varier les plaisirs, il écrit en 1993 un concerto pour trompette, puis se permet l’année suivante un album rock (Albion). Ralentissant un peu le rythme de ses albums, le chanteur se consacre ensuite largement à la composition, réalisant une série de pièces et prenant le temps, en 1996, d’animer des classes musicales avec des enfants.
Les dates ... 2008 Sortie prévue de l'album Avatars 2004 Composition d'une symphonie 2000 Sortie : Les Machines Absurdes 1991 Succès de Sheller En Solitaire 1989 Création de la comédie musicale Quasimodo |