De champion du monde de tennis à star de la variété française, il n’y avait qu’un pas. Avec un reggae consensuel et une popularité jamais démentie, Yannick Noah a réussi sa reconversion. En 2008, il est à nouveau sacré, par le classement du Journal du Dimanche, personnalité préférée des Français.
La « saga » de Yannick Noah ne commence pas sur la terre de Simon Papa Tara. Le futur tennisman voit le jour le 18 mai 1960 à Sedan, dans les Ardennes. A l’âge de trois ans, il s’installe avec ses parents à Yaoundé au Cameroun dont son père Zacharie, joueur de football professionnel, est originaire. L'enfant ne tarde pas à se faire remarquer par un joueur entré dans la légende, Arthur Ashe, premier tennisman noir à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem.
Dès la fin des années 1970, il gagne plusieurs titres et conduit l'équipe de France de Coupe Davis en finale contre les Etats-Unis (1982). Le 5 juin 1983, il remporte les Internationaux de France de Roland-Garros. Yannick Noah est, en 2008, le dernier Français à avoir remporté le tournoi.
Black & What !
La vie de tennisman de Yannick Noah est marquée par des victoires et des échecs. Le 3 juillet 1986, il atteint la place du numéro trois mondial au classement de l’ATP. Il arrête sa carrière de joueur en 1991 pour prendre le poste de capitaine de l’équipe de France.
Dès l’année de sa reconversion, il entame une autre mutation puisqu’il devient chanteur. Il est d’abord l’homme de « Saga Africa », un titre populaire classé n°1 du Top 50 en août 1991. La même année, il chante et danse sur cet hymne à Lyon avec ses camarades lors de la victoire de la France en Coupe Davis. Dans la foulée, Yannick Noah sort un premier album en anglais, Black & What !, auquel participent Manu Dibango et Idrissa Diop.
Le disque reprend le tube « Saga Africa », ce qui lui permet d’obtenir un Disque d’or. Puis Yannick Noah revient en 1993 avec Urban Tribu, à nouveau enregistré en anglais. Le public veut-il vraiment du Noah chanteur ? L’album pop-rock bénéfice de la collaboration de Franck Langolff, mais passe inaperçu.
La voix des sages
Yannick Noah a connu en tant que tennisman 473 victoires contre 208 victoires. Il ne s’avoue pas vaincu. Il tente une nouvelle expérience, cette fois-ci en français avec l’album Zam Zam (1998). La langue de Molière lui correspond mieux, mais visiblement il ne parvient pas à extraire de ce disque le titre qui pourrait faire décoller sa carrière musicale. C’est l’échec.
Simon, le grand-père paternel de l'artiste est-il à l’origine de sa victoire en tant que chanteur ? Yannick Noah raconte dans le titre « Simon Papa Tara » qu’il est venu le visiter « d’où la mort ne fait plus peur ».