par Sophie Lespiaux
Né le 12 juillet 1981 à Tel Aviv, Yaron Herman se passionne pour le basket ball mais une blessure le contraint à stopper cette pratique intensive. Il découvre alors le piano à l'âge de seize ans. Disciple de Opher Brayer, pédagogue réputé pour son enseignement basé sur les mathématiques, la philosophie et la psychologie, Yaron Herman va alors se révéler être un jeune pianiste prodige, acquérant une maîtrise du clavier avec une fulgurance hors du commun. Doté d'un esprit curieux, il écoute avidement tous styles de musique, tout en poursuivant des études de philosophie à l'université de Tel Aviv. Il n'a que dix-sept ans quand il remporte le prix Rimon dans la catégorie jeune talent.
Prodige indépendant
Déçu par l'enseignement dispensé par la Berklee School of Music de Boston, Yaron Herman quitte ses bancs très vite et, sur le chemin du retour vers son pays natal, fait halte à Paris. Se joignant à quelques musiciens lors d'une jam session, il est de suite engagé, et, séduit par le paysage culturel français, se décide à y rester. Le pianiste ne tardera pas à se faire connaître dans la sphère du jazz parisien, remportant le trophée Nouveaux Talents du Sunside. Invité par Laurent Cugny, il expose sa théorie musicale de l'improvisation qu'il nomme « Real Time Composition » lors d'un cycle de conférences organisé à la Sorbonne.
Hors des sentiers battus
Yaron Herman enregistre un album en duo avec le batteur Sylvain Ghio, Takes 2 to know 1 (2003). Son premier album solo, intitulé Variations (2006), propose ses compositions originales, variations basées sur les thèmes de « Summertime » de George Gershwin (« Blossom », « Facing Him »), « Libera me » ou « Piu Jesu » de Gabriel Fauré. Acclamé par la critique, le disque est suivi d'une tournée qui le mène à se produire à la Cité interdite à Pékin, une première pour un pianiste de jazz.
Reconnaissance en trio
Elu talent jazz Adami en 2007, Yaron Herman forme un trio avec le contrebassiste Matt Brewer et le batteur Gerald Cleaver, avec lequel il enregistre A Time for Everything (2007) où titres originaux croisent reprises étonnantes du « Toxic » de Britney Spears ou du « Message in a Bottle » de Police. Le disque est couronné des plus hautes distinctions des revues Jazz Magazine et Jazzman, et le pianiste est élu Révélation instrumentale de l'année 2008 par les Victoires du jazz.
Jeunesse avant-gardiste
Yaron Herman collabore avec de prestigieux musiciens comme Michel Portal, Lars Danielsson ou Bertrand Chamayou. Il invite le talentueux Quatuor Ebène (« Isobel » de Björk), formé par de jeunes musiciens classiques également avides de repousser les frontières musicales, sur son disque Muse (2009) réalisé avec son trio.
L'album suivant, Follow The White Rabbit sort sur le label allemand ACT. Le trio comprenant Chris Cordini (contrebasse) et Tommy Crane (batterie) reprend sans complexe des succès de Radiohead et Nirvana que des musiques traditionnelles israéliennes.
Sophie Lespiaux
Les dates ... 2010 (22 Octobre) Sortie de Follow The White Rabbit 2009 (10 Mars) Sortie de Muse 2009 (Février) Récompense : Victoire du jazz 2007 (24 Septembre) Sortie de A Time for Everything 2006 Sortie de Variations |