par Paula Haddad
A l’époque, il n’a pas encore « l’autorisation » de s’approprier les deux chansons du film « Les feuilles mortes » et « Les enfants qui s’aiment », interprétées sur la bande originale par deux chanteurs anonymes. Le film s’avère être un échec. Montand s’en retourne au music-hall. A cette époque, il fait également la connaissance de Bob Castella, pianiste et chef d’orchestre. Il l’accompagnera jusqu’à la fin dans toutes les salles du monde.
1948 : Yves Montand doit enrichir son répertoire. La rencontre avec Henri Crolla (mort en 1960), musicien de jazz est déterminante. Il compose les musiques de « Sanguine » ou « Les cireurs de souliers de Broadway ». Du sur mesure pour Montand. Il faut également souligner la collaboration de Francis Lemarque, le génie d’« A Paris » qui complète la fine équipe. Yves Montand fait alors sa rentrée à l’automne 1949 à l’Etoile sous les ovations du public.
Ma gigolette
L’été passé, Yves Montand a fait la rencontre de celle qui reste sa femme à la vie, à la mort : Simone Signoret. Il se trouve alors à St-Paul de Vence en Provence. Coup de foudre avec « Casque d’or ». Yves Montand vit ce nouvel amour au rythme des tournées et des concerts. Il prépare également le plus grand show de sa jeune carrière. Entouré de Castella et Crolla, il construit un spectacle de vingt-deux chansons, composé d’anciens refrains et de chansons plus ou moins nouvelles comme « Les Feuilles mortes ». Ce titre n’est d’ailleurs pas un triomphe absolu lors des premiers récitals. Yves Montand ouvre le bal le 5 mars 1951 à l’Etoile sous les acclamations du Tout Paris. Le 21 décembre, Yves Montand épouse Simone Signoret. Le couple devient à tout jamais l’incarnation contradictoire du glamour et de l’engagement politique. Et Yves Montand le chanteur va au fur et à mesure céder sa place à l’acteur.
Battling Ivo
Yves Montand reste d’abord et surtout une énorme vedette de music-hall. Evidemment, la France le réclame à l’Etoile où il chante en 1953 durant six mois ! Yves Montand entame également sa première grande tournée à travers le monde. Il chante à Moscou (1956), affichant son soutien au Parti Communiste (il a également été un des signataires de l’appel de Stockolm contre l’arme nucléaire). Il se produit dans tous les pays de l’Est avant de prendre ses distances avec le stalinisme. Sa carrière de chanteur est telle qu’il se rend aux Etats-Unis en 1959. De New York à Los Angeles, l’Amérique découvre le talent du french outsider. Marilyn Monroe avec qui il tourne en 1960 le film musical Le Milliardaire de George Cukor dit de Montand qu’il « chante avec son corps ». Ces années-là, il emmène son tour de chant au Canada (1959), Japon (1961-62) ou en Angleterre (1962). Il chante une nouvelle fois à l’Etoile (1962-63) pendant plusieurs semaines. Il publie d’ailleurs à cette époque un album plutôt étonnant Chansons Populaires De France. Néanmoins, il confirme également dans les années 60 son ascension cinématographique : Compartiments tueurs de Costa-Gavras (1965), Paris brûle-t-il ? de René Clément (1966) ou Vivre pour vivre de Claude Lelouch (1967). Le cow-boy de Marseille semble déjà loin.
César, Z et les autres…
Dans les années 70, Yves Montand s’impose comme un des acteurs incontournables du cinéma français. Il tourne des films à caractère politique avec Costa-Gavras : Z (1969), L’aveu (1969), Etat de siège (1973). Il incarne la grande bourgeoisie française dans l’univers de Claude Sautet : César et Rosalie (1972), Vincent, François, Paul et les autres (1974). Il n’en oublie pas ses débuts de fantaisiste et accepte le rôle du bouffon dans La Folie des grandeurs de Gérard Oury (1971) et le personnage de séducteur dans Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau (1975). Ces années-là, Yves Montand ne se produit que lors d’un seul tour de chant en 1968 à l’Olympia. Le public, après cinq ans d’attente l’attend au rendez-vous. Montand remonte sur scène en 1974 mais cette fois-ci pour un concert de soutien aux victimes du gouvernement Pinochet au Chili. Ce qui donne lieu au documentaire de Chris Marker La solitude du chanteur de fond. C’est la dernière apparition scénique de Montand jusqu’en 1981.
Le Papet éternel
Yves Montand manque à son premier public qui l’a consacré tant de fois sur scène.
Les dates ... 1991 (09 Novembre) Décès de Yves Montand 1982 (08 Septembre) Succès : nouvelle consécration américaine |